Mesnil sur l'Estrée – Site officiel

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Mesnil sur l'Estrée – Site officiel -

Histoire

Nom du village

LE MESNIL-SUR-L’ESTRÉE ou MESNIL-SUR-L’ESTRÉE

Le Mesnil n’était ni un moulin, ni une colline, ni une maison avec balcon, mais un petit domaine rural.

Et l’Estrée ne signifiait ni un lieu planté de hêtres, ni un lieu situé à l’est, ni un domaine appartenant à la célèbre famille d’Estrées, encore moins une rivière,  mais une route pavée.

Au Moyen Age, les seigneurs possédaient leur maison de campagne entourée de quelques terres (Mesnillum, du latin mansionile). Les « Mesnil » étant très répandus depuis le XIIe siècle (plus d’une centaine dans le département de l’Eure), il fut nécessaire de les déterminer. Le nôtre le fut par sa position géographique au-dessus du hameau de l’Estrée. Ce hameau était fort connu autrefois car il était le siège d’une abbaye bâtie en 1144 en bordure d’une ancienne voie romaine (via strada lapide), voie qui a donné le nom français de l’Estrée. Cette abbaye fut détruite à la Révolution. Jusqu’à ce que l’instruction soit répandue dans nos campagnes, la prononciation était « méni-sur-l’étrée », et l’orthographe variait au gré de chacun menil-mesny-l’ettrée.

Le ou pas le ?

Pendant longtemps, aux différentes entrées du village, on pouvait remarquer sur les deux panneaux deux textes :

  • Le Mesnil-sur-l’Estrée
  • Mesnil-sur-l’Estrée.

De même dans les journaux locaux.

Qui a raison ?

En toponymie, la version ancienne « Le Mesnil » est la seule correcte.

La version « Mesnil » est plus moderne, adoptée par l’Administration qui a une fois pour toute amputée notre village de son article.

Il est à signaler également que la paroisse de Mesnil-sur-l’Estrée portait jusqu’à la Révolution le nom de « la Madeleine d’Heudreville », cette appellation associant le vocable de l’église Sainte-Marie-Madeleine et le hameau d’Heudreville où est construite cette église.

Cette voie romaine à l’origine du nom de l’Estrée reliait Rouen (Rotmagus) à Orléans (Cenabum) par Chartres (Autricum), Dreux (Durocassio) et Évreux (Mediolanum). Elle quittait Dreux par le hameau des Bas-Buissons, franchissait l’Avre à gué, à l’emplacement de l’actuel pont Hoddé, traversait le hameau de l’Estrée puis remontait à flanc de coteau où on retrouve sa trace à travers les champs. Au Mesnil, le chemin des Romains en est un tronçon… Elle ne présente aucun changement de direction vers Évreux. Ces routes, destinées à favoriser le commerce et surtout les déplacements des légions n’étaient pas vraiment dallées dans nos régions. Elles étaient revêtues d’une sorte de mélange cailloutis-ciment et bordées par deux fossés de drainage.

La voie Évreux-Dreux a fait l’objet de fréquents survols aériens afin de vérifier son existence dans quelques endroits où on la perd totalement de vue.

C’est en 1976 qu’une photo aérienne révèle au Mesnil une exploitation Traces antiquesantérieure à la conquête romaine. 1976 fut, l’on s’en souvient, l’année d’une sécheresse exceptionnelle. Survolant le chemin des Romains au Fayel, là où ce chemin rejoint la route d’Illiers-l’Évêque, Philippe Béchelen, membre du club Archéo 27, remarqua un quadrilatère encore vert dans ces blés mûris précocement. Ceci s’explique par la présence de fossés remblayés, riches en matières nutritives. Lorsqu’il fait trop sec, leur compacité favorise la montée de l’eau par capillarité, empêchant les céréales de mûrir trop vite. Cet enclos, traversé par la voie romaine, permet de situer son existence à une période antérieure à la construction de cette route. D’autres enclos du même type ont été découverts dans la région de Dreux, exploitations agricoles où des fouilles ont permis de mettre à jour du matériel de l’époque gauloise tardive. Outre les enclos, les vues aériennes du Mesnil montrent des fosses d’origine inconnue, ainsi qu’un enclos circulaire. En l’absence de fouilles, il est impossible de donner une interprétation exacte de ces traces. Elles pourraient aussi bien dater de la préhistoire que d’un bombardement de la dernière guerre, d’un remembrement récent, d’exploitations de marnières… S’il y a bien eu des Gaulois au Mesnil, ils n’étaient pas les premiers hommes à en fouler le sol car sur ce même lieu-dit du Fayel, le fils de nos anciens instituteurs a trouvé des pierres taillées et des pierres polies.

 

Les monuments

Le prieuré Saint-Martin-d’HeudrevilleHEUDREVILLE 1

Bâti sur le territoire d’Heudreville, vers 1114, le prieuré dépendait de l’abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron (Gardais y a été accolé après la Révolution), dans le Perche. Le prieuré, proprement dit, ne représentait qu’une faible partie du domaine. Il était essentiellement constitué d’un large mur d’enceinte, servant de contrefort sur sa face sud, percé d’une importante entrée sur sa face nord, la porte de la Dîme. A l’intérieur, une chapelle et quelques bâtiments domestiques.

Le château du Haut-Mesnil

chateau du Haut MesnilSur le fief de la Brière, il fut reconstruit vers 1800. C’est, à vrai dire, une grande maison bourgeoise de deux étages, recouverte d’ardoises, s’ouvrant majestueusement sur la « grande allée ». Le propriétaire et premier châtelain fut Adrien-Sophie Sémillard, ancien notaire à Paris et maire du Mesnil de 1808 à 1813.




Le château du Bas-Mesnil

Sur le fief du moulin d’Auger, il fut construit vers 1830, chateau bas mesnilface à l’imprimerie Firmin-Didot. Frédéric Firmin-Didot en fut le premier châtelain. Il fut maire du Mesnil de 1830 à 1836.

 

L’imprimerie Firmin-Didot

imprimerie 2Entre la D 50 et le cours de l’Avre, le pont Franchet et l’ancienne école Marie-Immaculée, s’élèvent toujours les bâtiments de la célèbre imprimerie Firmin-Didot. C’est en 1825 que la « fabrique » impose réellement ses cheminées (aujourd’hui disparues), ses verrières, ses canalisations transformant l’eau de l’Avre en énergie efficace. On relève dans le journal L’Illustration du 14 avril 1855 : « On peut dire que toutes les branches de l’industrie qui se rattachent à la fabrication des livres ont été réunies dans l’usine du Mesnil-sur-l’Estrée : on y trouve en effet, des manufactures de papier, une imprimerie typographique, une imprimerie douce, une stéréotypie, etc. Les établissements occupent quelque neuf cents ouvriers. »

Retrouvez l’histoire de l’imprimerie et de la commune : Si Firmin Didot m’était conté.

 

Les Perrons5LES PERRONS

Alignée d’appartements d’un seul tenant, construite sur caves et ornementée d’un large balcon d’accès, d’où le nom de perrons.




École Marie-Immaculée

Ecole marie immaculeeAfin de poursuivre la formation des jeunes filles, Hyacinthe Firmin-Didot fait construire en 1848, une école qui sera dirigée par les sœurs de la Providence d’Évreux.

L’enseignement est gratuit et bénéficie d’un internat : les demandes sont nombreuses.

Après 1903 et la loi sur les congrégations, l’école continue de fonctionner mais n’est plus tenue par des religieuses.

Retrouvez l’historique de l’école Marie-Immaculée


La chapelle

7 LA CHAPELLE

Très coquette construction, tombant en ruine près de l’école Marie-Immaculée, construite en 1855 par Paul Firmin Didot, où il est d’ailleurs enterré avec quatre autres parents.





Les moulins au Bas-Mesnil

Le long de l’Avre, nous trouvons trois moulins : deux à blé, le moulin des Forges et le moulin d’Auger, et un très ancien moulin à papier. Ces deux derniers étant des moulins seigneuriaux.

    • Les Forgesmoulin des forges

L’ancien moulin à blé dépendant du prieuré d’Heudreville a été converti en moulin à papier en 1823. Vingt ans plus tard il est racheté par la famille Firmin-Didot qui rase les anciens bâtiments et construit une papeterie moderne, entièrement en briques.

Entre 1873 et 1895, la papeterie est louée et exploitée par madame Vve Hatterer qui fabrique du papier à cigarette ; elle emploie environ soixante ouvriers.

En 1898, tout le matériel est transféré à Sorel-Moussel.

Alfred Firmin-Didot installe une école d’apprentissage à l’Estrée (commune de Muzy), avant de l’établir définitivement, pendant la guerre de 1914-1918, au lieu dit des Forges (commune du Mesnil-sur-l’Estrée). L’ancienne papeterie est alors transformée en internat pour les jeunes apprentis de l’imprimerie. Pendant plusieurs décennies, les cours d’enseignement général et d’enseignement technique seront dispensés au sein de l’entreprise.

L’école des Forges fonctionnera jusqu’en 1970-1971.

  • Le moulin d’Auger

Moulin d AugerAncien moulin du Moyen Âge qui perdit ses fonctions de mouture de grains peu après 1800, fut transformé par la famille Didot pour le lissage du papier, puis en magasin de stockage, enfin, progressivement en habitations peu après la guerre de 39-45.




Le calvairecalvaire

Dans un article écrit dans le bulletin municipal de 1998, on peut lire : « cette fidèle sentinelle qui veille sur la population mesniloise a été érigée en 1895 par le chanoine Guillaume ».

Mais une note de renvoi précise : « F. Messager, dans son ouvrage sur l’histoire de notre village, évoque la possibilité d’une érection primitive en 1813, durant la première restauration, à la mort d’Adrien Sophie Sémillard, châtelain, sur ce terrain appartenant à Pierre Lelièvre, propriétaire du Moulin d’Auger ».



Les mairies et/ou écoles

Le 17  avril 1852, la commune du Mesnil « s’offre » sa première école : le presbytère.
La maison à « l’abeille » située actuellement au 39, Grande-Rue devient l’école et la mairie de 1859 à 1895.
Mairie et écolesLe 7 mars 1896, la mairie-école actuelle est achevée. Des travaux d’agrandissement de l’école et la rénovation de la mairie deviennent nécessaires à la fin des années 80. En 1991, les travaux sont terminés. L’inauguration des nouveaux locaux a lieu en 1993.

Retrouvez l’histoire de l’enseignement public au Mesnil




Le monument aux morts inauguré le 25 juin 1922Monument aux morts - 25 juin 1922





Les boulangeries

Voici quelques lignes concernant les boulangeries du village. Les sources de l’auteur sont les écrits d’Arthur Letur et le récit d’une Mesniloise née vers 1880, recueilli auprès de sa fille aînée, née en 1906, décédée 97 ans plus tard…
Malheureusement, les dates sont contradictoires et rien ne peut être établi formellement, surtout au sujet du boulanger Hongrois.
BOULANGERIE COTE NOIREUne boulangerie dans la Côte noire :
entre 1850 et 1860, le terrain est abrupt, à peine en culture. Entre 1900 et 1910, Arthur Letur y installe une boulangerie. Cette boulangerie proposait du pain, bien entendu, des viennoiseries et des tartes, le dimanche. Elle n’a pas fonctionné très longtemps. Les esprits n’étaient pas encore mûrs pour l’achat du pain ; il se faisait encore, majoritairement, à domicile. Aujourd’hui, c’est une maison d’habitation.
La boulangerie dans la Grande-Rue :
entre 1850 et 1860, elle fut un petit café, une épicerie (gérée par le propriétaire, puis mise en location). Entre 1900 et 1910 elle devient une boulangerie gérée par le propriétaire, puis louée.
Un boulanger hongrois au Mesnil :
Martin Ezeke est né à Wassakaille en Hongrie, en 1794. Il fut boulanger au Mesnil de 1855 à 1863. Il est mort « malade » à Évreux, le 17 août 1863. On ne sait pas dans quelle boulangerie il a exercé.

 

Des personnages illustres

  • La famille Firmin-Didot

Célèbre famille d’imprimeurs-libraires. Il n’est pas un dictionnaire qui ne lui consacre plusieurs lignes. Dans certains pays d’Europe des rues et des places portent le nom de Firmin-Didot, notamment à Rome, Naples, Athènes, Paris et au Mesnil-sur-l’Estrée.

Pendant plus d’un siècle et demi, cette famille a « régné » sur le village et dans la région immédiate. Les membres de cette famille ont été successivement, ou dans le même temps, propriétaires de l’imprimerie, maire du Mesnil, député d’Eure-et-Loir, conseillers généraux de l’Eure, juge au tribunal de commerce de la Seine.

Pour les Mesnilois, nous retiendrons : Firmin (1764-1836), Ambroise (1790-1876), Hyacinthe (1794-1880), Frédéric (1798-1836), Paul (1826-1905), Pierre (1921-2001), Jacques (1928-1966)…

Pierre Firmin-Didot : (Mesnil-sur-l’Estrée 1921 – Chartres 2001), descendant de la famille Didot, consacra sa fortune à la restauration des grandes orgues de la cathédrale de Chartres.

  • Sarda Garriga

Joseph Napoléon Sébastien Sarda-Garriga (1808-1877).sarda Garriga

Né à Pézilla-la-Rivière, près de Perpignan, Joseph Sarda, fils de berger, fait de solides études au collège royal de Perpignan. Républicain convaincu, membre de la ligue des droits de l’homme, il fait de courts séjours dans les établissements pénitentiaires de la capitale. A la révolution de 1848, il se bat aux côtés des insurgés, de François et d’Étienne Arago. Le gouvernement provisoire vote le décret du 27 avril qui abolit l’esclavage dans toutes les colonies françaises. Pressenti par François Arago pour mettre en application le décret d’abolition à l’île de la Réunion, il est nommé commissaire général de la République. Il reçoit mission et directives de François Arago, ministre de la marine et des colonies. Le 20 décembre 1848, 62 000 esclaves sont libérés, sans heurt, ni effusion de sang. Il rentre en métropole en 1850 et est nommé commissaire général de la République en terre de Guyane pour diriger l’installation du bagne et jeter les bases d’une nouvelle ville, Saint-Laurent-du-Maroni. Il regagne précipitamment la France en 1853. Au fil des mois, les termes de sa mission ont changé et ne sont plus en accord avec ses convictions profondes : la foi dans l’homme.
Il se retire en 1863 au prieuré d’Heudreville, au Mesnil-sur-l’Estrée. Il s’éteint en 1877 ; il est enterré dans le petit cimetière du village.

Retrouvez l’article parue dans Réunion 1er le 25 février 2016

Détail des panneaux apposés devant la tombe et au pied de la stèle.

  • Arthur Letur

Arthur LeturEnfant du Mesnil-sur-l’Estrée, Arthur Letur restera dans les mémoires comme étant un homme généreux, un autodidacte d’une culture stupéfiante, aimant profondément son « pays » et se dépensant sans compter dans les activités les plus diverses pour le bien des Mesnilois.

A onze ans, il obtient son certificat d’études. Père de famille nombreuse, tour à tour maçon, boulanger, il ne cesse de se cultiver. Écrivain, il participe à la Revue des deux mondes. Poète, il concourt aux jours poétiques de Bordeaux. Il écrit « Au bord de l’Avre » qu’il dédie à Victor Hugo.

Par ailleurs, il est président de la société de Secours mutuels des établissements Firmin-Didot. Il fonde l’Union des familles du département de l’Eure. Il est également lieutenant des sapeurs-pompiers du village. Il est encore conseiller municipal pendant vingt ans. Enfin, il reçoit plus de quatre-vingts diplômes et distinctions, dont les palmes académiques, en 1904. Il s’éteint en 1935, dans sa 89e année.

 

L’église

L’origine de cette église est très controversée.

Cependant la paroisse « Sainte-Madeleine » est attestée depuis le XII e siècle et mentionnée dans des archives en 1160. Mais l’édifice actuel daterait de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, l’an 1460 apparaissant sur des registres paroissiaux, ainsi que le nom du premier abbé, le sieur Jacques Couldray .

Le bâtiment principal de 30 m de long sur 8 m de large, est d’une simplicité architecturale absolue, comparée à celle des églises s’élevant alentour, à peine si le clocher quadrangulaire, coiffé d’une flèche d’ardoises, vient briser la ligne maîtresse de la construction.

Elle a été bâtie pour la petite agglomération qui était auprès du prieuré et qui portait le nom d’Heudreville.

L’édifice, a été largement remanié dans les années 1864 à 1867 avec le projet de l’architecte Cissey. Il sera surélevé de 1,50 m, le clocher et le porche d’entrée déplacés vers l’extrémité ouest.

Le percement des murs de la nef pour l’emplacement des dix vitraux fut réalisé également à cette époque.

C’est cette dernière version de l’édifice que l’on peut voir aujourd’hui. (Découvrez la en images)

La décoration intérieure, de style néo-gothique fut réalisée également à cette époque, ce décor peint représente des fleurettes, des roses, des trèfles, des  hermines et des faux joints. La voûte lambrissée également apporte un certain intérêt.

Nous pouvons découvrir en entrant par le porche, sur le côté droit, un magnifique retable du XVIe siècle et qui, avec ses coquilles et ses colonnades, témoigne de l’architecture Renaissance (plein règne de François Ier).

Au-dessus du maître-autel, nous pouvons admirer une très belle Piéta. C’est une copie de l’originale, attribuée à l’école d’Avignon, exposée au Louvre. Cette copie fut réalisée par Mme Élisabeth de Montbrun , sœur de M. Robert Firmin-Didot au début du XXe siècle (1900-1910).

Posons maintenant nos regards sur les vitraux (de trois origines différentes) :

Sur le mur nord de la nef, ce sont les plus anciens (XIXe siècle), provenant de l’atelier Duhamel à Évreux.

Sur le mur sud de la nef, nous pouvons voir ceux créés par l’atelier Campin de Chartres en 1955.

Dans le chœur, le maître verrier François Decorchemont (de Conches) y installa quatre vitraux en pâte de verre et joints en ciment. Ceux-ci sont placés de chaque côté de l’autel.

Un beau mobilier est également à apprécier, la chaire, les autels, le confessionnal …

L’église est, depuis le 22 septembre 2010, inscrite en totalité au titre des Monuments historiques.

D’autres informations sur : www.fondation-patrimoine.org

 

Les maires de la commune

Retrouver la liste des maires de la commune